Gestion de l'eau du sol

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La taille des agrégats du lit de semences contrôle la quantité d'eau pouvant s'évaporer. Avec des agrégats d'environ 2mm, l'évaporation de l'eau et minimisée. La paille à la surface du sol peut également réduire les pertes en eau en reflétant les rayons du soleil et empêche le sol de se réchauffer.

Si la pluie ne tombe pas après le semis, l'eau présente dans et en dessous du lit de semence est essentielle pour la germination de la culture. Il est important de retenir cette eau et de la gérer précautionneusement pour la germination de la graine.

Le soleil chauffe le sol

Quand le soleil se lève et qu'il commence à briller sur un champ fraichement semé, l'énergie des rayons chauffent l'eau présent dans et sous le lit de semence. Une partie des molécules d'eau possèdent assez d'énergie pour se transformer en gaz et essayer de s'échapper du lit de semence et atteindre l'air sous forme de vapeur d'eau.

Cette évaporation de l'eau est souvent visible à l'oeil nu quand le sol humide est réchauffé par les rayons du soleil, comme on le voit ci-dessus.

C'est le même principe, lors de l'ébullition de l'eau dans une casserole sur une gazinière et qui s'échappe sous forme de vapeur.

Le limon laisse passer l'eau

L'évaporation de l'eau depuis la surface du sol après le semis est principalement régulée par la taille des agrégats du lit de semence. 

Le schéma illustre la relation fondamentale entre l'évaporation de l'eau et le diamètre des particules/agrégats. Un premier pic d'évaporation maximum se produit quand les particules ont une taille de 0,005 à 0,02 mm. C'est approximativement la taille des particules de limon et cela reflète le transport capillaire de l'eau du lit de semence vers la surface du sol. Sur de tels sols limoneux, il est important d'interrompre le transport capillaire pour le pas perdre d'eau.

Les textures grossières créent des turbulences

Un second pic d'évaporation est atteint quand la taille des agrégats dépasse 50mm, ce qui est souvent le cas des sols à forte teneur d'argile. En présence d'agrégats aussi grossiers dans le lit de semence, l'air s'écoule avec turbulences et le lit de semence s'assèche. Ces pics sont séparés par une évaporation minimale de l'eau, le diamètre des agrégats étant alors égal à 2 mm environ. Ces agrégats ne sont pas assez petits pour permettre le transport capillaire de l'eau, mais pas assez grands pour créer des flux d'air turbulents. Ces agrégats créent comme un couvercle sur le lit de semence et l'évaporation d'eau est alors réduite à son minimum.

Blé d'hiver, 3 semaines après le semis

A: Agrégats < 2 mm offre 95% de levée

B: Agrégats 2-5 mm offre 60% de levée

C: Agrégats > 5 mm offre 35% de levée

La paille reflète les rayons

Les résidus végétaux, comme la paille, agissent aussi sur l'évaporation de l'eau du sol. La paille laissée en surface affecte les pertes d'eau sous deux formes minimum :

  • La couleur claire de la paille réfléchit les rayons du soleil alors que le sol, de couleur sombre absorbe l'énergie solaire.
  • La paille peut interrompre la remontée capillaire de l'eau.

Ensemble, ces deux facteurs font que la surface du sol ne chauffe pas autant au printemps ce qui limite l'évaporation de l'eau.

Le travail simplifié peut tirer des bénéfices de cet effet. Une meilleure retenue de l'eau combinée à une meilleure protection contre l'érosion font de la technique simplifiée, le système prédominant dans les zones de cultures sèches, comme les prairies aux Etats-Unis et au Canada.

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